Rôles et fonctions des milieux humides forestiers

•  Généralités

•  Maîtrise des crues

•  Contrôle de l'érosion

•  Filtration de divers polluants et recyclage des éléments nutritifs

•  Recharge des nappes phréatiques

•  Habitat essentiel

 Aspect socio-économique

 

 

Généralités

 

Au Québec, les milieux humides représentent environ 9% du territoire soit une superficie de 12 millions d'hectares. En milieu forestier, les principaux milieux humides retrouvés sont les tourbières, les marais, les marécages, les herbiers aquatiques et les rives submergées. Les marais au bord des lacs et rivières sont principalement des herbaçaies souvent bordées de marécages et leur croissance est fonction du niveau de l'eau. Les marécages sont formés de forêts et d'arbustaies, tels que les aulnaies. Ils sont habituellement inondés de façon saisonnière et leur flore est adaptée aux cycles hydriques qui y prévalent (ex. : l'Érable argenté et le Frêne noir dans les marécages influencés par les crues saisonnières du fleuve St-Laurent). Finalement, les herbiers aquatiques regroupent des plantes submergées et flottantes des plans d'eau peu profonds.

Voir aussi dépliant : Les milieux humides : l'importance des marais, marécage et tourbières

Retour

Maîtrise des crues

Les milieux humides ont la capacité de retenir l'eau des fortes pluies empêchant des inondations possibles en aval et donc limitent les dégâts qu'une crue soudaine et importante pourrait causer en aval. Aux États-Unis, une récente étude estime que 0,4 hectare de zones humides peut stocker plus de 6 000m 3 d'eaux de crue. La valeur de cette fonction est rarement évaluée mais en terme économique les coûts que peuvent engendrer la destruction de chemins, ponts et ponceaux sont considérables.

« Les bassins hydrographiques contenant de 5 à 10% de milieux humides peuvent assurer une réduction de 50% de l'intensité des crues comparativement aux bassins qui n'en possèdent pas »

(Canards Illimités, Les milieux humides).

Retour

Contrôle de l'érosion

En réduisant la vélocité de l'eau (vitesse du courant), les milieux humides limitent l'occurrence de problèmes d'érosion des berges. La présence de végétaux aquatiques freine les forces érosives et retiennent les particules de sol via leurs racines. De plus en réduisant la vélocité de l'eau, les particules en suspension ont tendance à se déposer, ce qui limite, pour la section en aval, la problématique de sédimentation qui menace particulièrement les frayères.

Retour

Filtration de divers polluants et recyclage des éléments nutritifs

Durant la saison végétative, de grandes quantités d'éléments nutritifs, tels que le phosphore et l'azote sont efficacement éliminés par le milieu humide prévenant ainsi l'eutrophisation en aval. Les milieux humides peuvent aussi réduire la charge de pathogènes (coliformes) dans l'eau grâce à l'action d'une flore diversifiée de bactéries de champignons, d'algues et de zooplanctons. La valeur de la fonction d'épuration des milieux humides est loin d'être négligeable.

« La ville de New York a récemment découvert qu'elle pouvait éviter de dépenser 3 à 8 milliards pour de nouvelles usines de traitements des eaux usées (avec un coût annuel de fonctionnement de 700 millions) en investissant dans la protection des terres humides qui se retrouvent sur sont bassin versant » (Ramsar,2004).

Retour

Recharge des nappes phréatiques

Les milieux humides sont une source d'approvisionnement en eau et de réalimentation de la nappe phréatique qui permet également d'atténuer les effets de la sécheresse.

Retour

Habitat essentiel

Ces milieux de transition entre l'eau et la terre offrent de surcroît des habitats incomparables qui supportent une multitude d'espèces. Au Québec, 50 % des plantes susceptibles d'être désignées vulnérables ou menacées s'y retrouvent et 50% de toutes les espèces de vertébrés (amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères et poissons) ont besoin de ces habitats à un moment où l'autre de leur vie pour compléter leur cycle vital.

« Plus d'un tiers des oiseaux du Canada fréquentent, se reproduisent, se nourrissent ou font escale dans les milieux humides » (Canard Illimités, Le marais).

Retour

Aspect socio-économique

La présence d'une quantité suffisante de milieux humides forestiers en bon état est garante de répercussions intéressantes sur le plan socio-économique du secteur forestier. L'accès à une eau de qualité pour les usagers qui profitent de la proximité des plans d'eau est bénéfique pour leur santé, la pratique de leurs activités et l'image d'une industrie !

La vie animale supportée par ces habitats exceptionnels peut également générer des revenus intéressants pour une région où les activités de chasse et de pêche sont pratiquées. De plus, la présence d'une faune particulièrement diversifiés pour les amants de la nature (ornithologues, randonneurs…), l'occurence de paysages exceptionnels pour les randonneurs et l'assurance d'une bonne qualité d'eau pour les plaisanciers sont tant d'exemples d'activités sociales et économiques où les milieux humides peuvent apporter une contribution.

Retour